Il n’y a pas si longtemps, les archivistes étaient des connaisseurs, des érudits qui maîtrisaient avant tout le contenu des archives. Ils avaient souvent étudié en histoire et approfondissaient leurs connaissances au fil des années. C’était une vocation plus qu’un emploi et rarement on les voyaient changer d’institution. Les archivistes incarnaient la mémoire de l’institution, eux, autant que les archives.
L’évolution rapide de la profession
Comme le dit la chanson, “Le monde a bien changé” et rapidement! L’archivistique est devenue une discipline en soi. Les connaissances entourant l’acquisition, le traitement, la diffusion et la préservation se sont grandement développées. De maîtres du contenu, ils sont devenus maîtres du contenant, de son support plus que son information. Plus fréquemment, on a vu les archivistes bouger, passer d’un poste à l’autre, devenir des gestionnaires et maintenant des spécialistes de l’information organique et consignée. Les archives sont devenues une “ressource”, comme les ressources humaines, que l’on doit maintenant savoir “gérer”.
Ce changement rapide s’explique par l’importance grandissante de la gestion documentaire (“record management”), de la gestion intégrée et de la gestion électronique des documents. C’est un phénomène extrêmement stimulant: les archivistes entrent dans les grandes organisations, font valoir leurs compétences, apprennent à parler le langage des gestionnaires et des décideurs. Il s’agit de beaux défis, qui impliquent des transformations majeures dans la pratique archivistique.
L’archiviste en crise d’identité
Dans ce contexte, l’appellation même d’archiviste apparaît de plus en plus archaïque. Elle commence même à être contestée car elle passe mal dans les grandes organisations et le monde des technologies de l’information. On voudrait ainsi se débarrasser de l’image d’épinal qu’elle traîne avec elle: les vieux papiers, la poussière, le vieil homme solitaire qui classe des documents…
Parallèlement, il semble que toute la réflexion archivistique s’oriente maintenant vers la gestion – surtout électronique – des documents. Comme si les archivistes n’avaient plus aucun rôle culturel à jouer dans la société. En l’espace de quelques décennies, nous sommes passés d’un extrême à l’autre.
Revaloriser et renouveller le rôle culturel
Je constate quotidiennement qu’une grande partie de la population demeure attachée à cette image de l’archiviste féru d’histoire. Elle s’attend d’ailleurs à ce que nous jouions ce rôle de diffuseur de la mémoire collective.
Loin d’être passéiste, je suis à la recherche de nouvelles avenues pour repositionner l’archiviste en tant qu’acteur du milieu culturel. Je suis à l’affût des pratiques permettant de mettre en valeur les archives et leur contenu.
Si vous souhaitez partager des expériences, des bons coups, des idées folles et innovatrices, je vous invite simplement à m’écrire ou encore à me suivre sur Twitter à archeion01.



